- Samy
- Membre
- Lieu: Alger
- Date d'inscription: 08-02-2006
- Messages: 522
Re: Questions qui me tracassent...
Ce sujet est assez délicat, et je vous avoue que j'ai longuement hésité avant de répondre, mais tout d'abord, je tiens à vous dire une chose très importante à vous tous mes frères et Dieu est témoin que j'ai transmis, vous avez de vraies lacunes et très graves en ce qui concerne "Al Akida", qui est à la base de notre religion. Je vous conseille d'aller vite sans perdre une seconde lire "Kittab Attawhid", lisez-le de la première à la dernière page, ne sautez pas un mot, si vous voulez vous sauver ! Je vous conseille de l'acheter de le lire, de le faire lire à vos parents et de le faire apprendre à vos enfants…
Vous êtes musulmans mais vous êtes loin de connaître Dieu, ces questions résulte de l'ignorance, et cette ignorance nuit gravement à la foi. Nous sommes "Fi 3asr El Fiten" Alors si vous ne vous armez pas de foi et de savoir, vous ne pourrez pas y faire face ! Le messager (SWS) a dit : " Empressez-vous pour les œuvres de vertu parce qu'il viendra des dissensions (Fiten) semblables à des pans de nuits obscures pendant lesquelles l'homme sera au matin croyant et parviendra au soir mécréant et il sera au soir croyant et il parviendra au matin mécréant, il vendra sa religion pour quelque chose de ce bas monde".
- Samy
- Membre
- Lieu: Alger
- Date d'inscription: 08-02-2006
- Messages: 522
Re: Questions qui me tracassent...
En ce qui concerne l'histoire qui est à l'origine de ce topique à savoir l'histoire de discorde entre les compagnons du Prophète, je vous invite à écouter la série détaillées en arabe de Mohamed Hassan, "Fiten Akher Ezzamane" cette histoire est connue et la version est unique contrairement à ce que tu dis Project.
Je rajouterai juste une chose, tous les acteurs de cette discorde à savoir Outhmân, Mouâwiyah, Ali, Hassan, Houssaïn, Zoubaïr, Talha, Oubâdah ibnous Sâmit, Mouhammad ibn Abi Bakr, Aboud Dardâ, Amrou ibnou Ambasah, Nâïlah, Aicha,…(Radhia Allâhou anhoum jami3an) Dieu leur a tous accordé Sa Bénédiction... Othaman, Zoubair, Talha et Ali font parti des dix compagnons à qui Dieu a promis le paradis. On n'a pas le droit de porter de le moindre jugement sur aucun d'entre eux (Radiya Allah Anhoum) !
- Samy
- Membre
- Lieu: Alger
- Date d'inscription: 08-02-2006
- Messages: 522
Re: Questions qui me tracassent...
Project, tu dis ne pas avoir un grand savoir religieux… Pour connaître l'islam, on ne commence pas par l'histoire de la discorde des compagnons, car pour comprendre cette histoire, il faut être au sommet de sa foi "Akida".
En ce qui concerne l'authenticité de l'islam d'aujourd'hui. Dieu et son prophète nous ont tenu en garde, qu'il viendra un jour où on devra faire face à des Fiten, et pour ne pas y succomber, nous devons suivre le chemin qu'a suivit le prophète et ses compagnons (Ma Ana 3alayhi wa ashabi" A savoir le Coran et la sunna. On ne peut pas dissocier les deux, ni croire à l'un et rejeter l'autre, la bonne foi d'un musulman consiste à croire autant aux préceptes coraniques qu'aux Hadiths.
Une question Project, Dieu t'as demandé quoi dans cette vie, c'est quoi ta mission sur cette terre, croire en Lui et son prophète ou alors essayer d'expliquer aux autres le pourquoi du comment, sauve ta personne avant de chercher à sauver les autres… Tu veux répondre aux gens des réponses que toi-même tu n'as pas! Commence par les trouver pour ta propre compréhension avant de chercher à les expliquer aux mécréants.
Les questions que tu te poses ne sont pas dues à des lacunes dans notre religion mais à ton ignorance de cette religion. Le prophète lui-même te demande de suivre ses compagnons, et toi tu dis, comment les suivre alors qu'ils se sont trompés. Tu as de vrais problèmes de "Akida" et il faut y remédier très vite.
Il y a eu une bataille après la mort du prophète, et non pas une guerre, et le prophète savait ce qu'il allait arriver, et à bien insister sur le fait de suivre ses compagnons, leur désaccord ne te concerne en rien, "Radiya Allah Anhoum jami3an" C'est tout ce que tu dois retenir. On n'a pas à juger, tout ce qu'on sait c'est que le prophète nous dit de le suivre lui et ses compagnons.
- Project2501
- Membre
- Date d'inscription: 12-04-2006
- Messages: 1399
Re: Questions qui me tracassent...
Bon franchement, j'avoue que j'ai des difficultés concernant la religion, c'est vrai ! Mais ce qui est plus sûr c'est que je ne suis pas seul, j'ai essayé de lire pas mal de livres et je trouve à chaque fois le même truc qui se répète on nous dit un fait et après on ne le discute pas et on passe 10 pages après juste des jeux de mots et qu'on ne comprend rien après et on ne trouve rien de nouveau.
Bon maintenant revenant à l'histoire; tu sais que tout ce qu'on a aujourd'hui comme religion vient de l'histoire que les Compagnons ont veillé à la transmettre, donc ce que je me pose comme questions c'est la probabilité de modifications de ce qu'on a aujourd'hui depuis 14 siècles, la preuve c'est les groupes qu'on a aujourd'hui et que chaque groupes a ses propres convictions (Chiite, Khawrij, et d'autres et d'autres)...Merci pour le livre je vais le lire et on continuera la discussion...
Je préfère dire que j'ai des difficultés concernant la religion que fermer les yeux sur des vérités qu'on fera face le jour du jugement, quand je dis quand un autre nous demande ces question alors que nous même on a pas la réponse c'est pour insinuer que la majorité de nous sait pas c'est quoi la réponse donc une croyances en bois ( tu vois mon point ?), après la mort y a le paradis ou l'enfer et pour l'éternité donc ça vaut le coup d'avoir des réponses pour cela maintenant mieux que fermer les yeux et marcher dans un chemin obscure et suivre sans savoir si c'est correcte ou non ( mes respects à tout les savant religieux musulmans ou d'autre chercheurs dans les religions ).
InjEcT yOur coDe or gEt MinE
Due to wrong code injection for several times, this Project won't answer anymore.
- Project2501
- Membre
- Date d'inscription: 12-04-2006
- Messages: 1399
Re: Questions qui me tracassent...
Samy a écrit:...contrairement à ce que tu dis Project.
Je regrette monsieur mais j'ai jamais dit ça, mon point était LA possibilité d'y avoir une modification dans la transmission de l'histoire( plus précisemment dans les Hadiths en se référant à la valeur qu'on attribue à un Hadith "Confirmé" ou "Faible").
Samy a écrit:Je rajouterai juste une chose, tous les acteurs de cette discorde à savoir Outhmân, Mouâwiyah, Ali, Hassan, Houssaïn, Zoubaïr, Talha, Oubâdah ibnous Sâmit, Mouhammad ibn Abi Bakr, Aboud Dardâ, Amrou ibnou Ambasah, Nâïlah, Aicha,…(Radhia Allâhou anhoum jami3an) Dieu leur a tous accordé Sa Bénédiction... Othaman, Zoubair, Talha et Ali font parti des dix compagnons à qui Dieu a promis le paradis. On n'a pas le droit de porter de le moindre jugement sur aucun d'entre eux (Radiya Allah Anhoum) !
On a peut-être pas le droit de juger mais on a le droit de comprendre, ça reste un peu intrigant d'y avoir à qui Dieu a assuré le paradis à aller au point de se retrouver comme des ennemis ( la cause n'était pas si flagrante !). Merci pour les deux liens.
InjEcT yOur coDe or gEt MinE
Due to wrong code injection for several times, this Project won't answer anymore.
- Samy
- Membre
- Lieu: Alger
- Date d'inscription: 08-02-2006
- Messages: 522
Re: Questions qui me tracassent...
Project2501 a écrit:Vous ne voyez pas le problème... Il y a que notre prophète qui ne commet pas de fautes chez les humains, tout autre humain n'est pas à l'abri y compris les compagnons du prophète et ce sont eux qui nous ont transmis la religion.
Ton raisonnement prouve une chose assez grave, c'est ton ignorance de Dieu, et surtout que tu le sous estime... Je ne t'apprend rien si je te dis que le conflit qui a opposé les compagnons du prophète à cette époque est à la base du conflit actuel entre Chiites et sunnites. Ce conflit opposés deux compagnons, donc deux jugements, l'un avait raison et l'autre tort. Seulement Dieu dit qu'il accorde sa bénédiction à tous les compagnons du Prophète (radiya Allah Anhoum) Car l'erreur était du à un Ishtihad, les deux pensaient avoir raison, et puis quand tu auras écoutés l'histoire en entier, tu comprendras vraiment ce qui s'est passé, et que Dieu a voulu que ça arrive pour justement tester la foi des musulmans, et c'est le but même de chaque Fitna, à savoir juger la foi. Maintenant, ce que je ne comprend pas c'est le lien que tu fais entre cette histoire (qui a opposé deux jugements différents) et la transmission des Hadiths (qui n'a rien avoir avec les jugements) Tu parles de Hadith Sahih et Hadith Da3if, mais est ce que tu sais ce que les deux veulent dire, ce n'est pas l'un est vrai et l'autre faux, je te conseille de lire les liens que t'as laissé Kenny, et tu comprendra mieux. Je rajouterai celui là : L'attribution d'une parole au Prophète et ses garanties de fiabilité
Je t'ai parlé toute à l'heure de ta sous-estimation du Tout Puissant, pourquoi le prophète (dont tu dis qu'il ne parle pas 3an hawa) te dis qu'il faut suivre ses compagnons, et pourquoi Dieu cite des dizaines de versets dans le Coran qui parle de l'obligation de suivre Sahaba, est ce que tu pense que Dieu ignorait ce qui allait arriver ! Faites attention, ne tombez pas dans le piège des ennemis de l'islam, ceux qui savent qu'il ne peuvent pas attaquer le Coran et qui attaquent la sunna ! Ne chercher pas l'islam sur Internet, beaucoup de sites sont chiite ou soufiste, ces gens là sont des ennemis de Dieu...
Project2501 a écrit:Ces compagnons ont eu un conflit chacun a eu sa conviction et son point de vue (sachant que l'histoire s'écrit par le vainqueur)
Il n'y a pas eu de vainqueur dans cette histoire, il existe une seule version, nous savons tous qui avait raison et qui avait tort mais on retient qu'une chose c'est qu'à la fin Radiya Allah Anhoum, ceux qui ont fauté l'ont fait pas Ishtihad.
Project2501 a écrit:Qui ou qu'est-ce qui nous dit que ce qu'on a comme religion aujourd'hui est exactement ce qu'il fallait qu'on reçoivent ?
Dieu et son prophète dans le Coran et dans les Hadiths.
Project2501 a écrit:Ce qui n'était pas expliqué dans le coran est expliqué par les Hadiths (même la prière) et ces Hadiths ont été transmis par les Compagnons, donc y a un doute logique, non ?
Si le prophète et Dieu te demande de suivre ce que disent les compagnons du prophète, pourquoi te permets-tu le moindre doute ? A moins que Dieu ne savais pas ce qui allait arriver après le mort du prophète ? Le prophète lui-même le savait, et à insister sur " Ma ana Alayhi wa Ashabi"
Project2501 a écrit:PS: j'ai lu les articles (super longs) mais ça démarre du point qui affirme que tout ce qui était dit est à 100% correcte, je sais que le coran est immodifiable parce que Dieu l'a dit mais les Hadiths oui parce qu'ils étaient transmis par des humains.
C'est quoi un hadith, c'est reprendre la parole, et les gestes du prophète : "Conformez-vous à ce (que dit) Dieu et conformez-vous à (ce que dit) Son Messager et à (ce que disent) les détenteurs de l'autorité parmi vous ; si vous divergez alors au sujet de quelque chose, faites référence de cette chose auprès de Dieu et de Son Messager si vous croyez en Dieu et au jour dernier" (Coran 4/59) : il s'agit bien de deux sources : les paroles de Dieu et celles du Prophète : si le Prophète ne faisait que transmettre les paroles de Dieu, le verbe "conformez-vous à" n'aurait pas été répété, exactement comme il n'a pas été répété avant "les détenteurs de l'autorité".
Projest tu as un raisonnement logique, alors si Dieu sait que la parole du prophète sera transmise par ses compagnons par le biais des hadiths, alors pourquoi il te demande de te conformer à cette parole (c'est un ordre) si Il pensait Soubhanou qu'il y aurait un doute quant à la transmission de cette parole par les compagnons, au contraire, je peux te citer une dizaines de versets du Coran (ou Dieu parle des compagnons du prophètes)
Pour conclure, tu as fais une amalgame entre un conflit qui a uni les compagnons et la transmission de la sunna... tu as liés deux choses qui ne sont pas lié... Je terminerai par une question, si un ami à toi fait une erreur de jugement, est ce que tu vas pour autant douter de sa parole... Mais le problème c'est que ton doute ne concerne pas uniquement les compagnons du prophète mais aussi le prophète et Dieu, car tu as émis un doute que Dieu et son prophètes n'ont jamais émis, ni dans le Coran, ni dans la sunna.
- Samy
- Membre
- Lieu: Alger
- Date d'inscription: 08-02-2006
- Messages: 522
Re: Questions qui me tracassent...
Les Compagnons du prophète Muhammad (que Dieu le bénisse)
Abdullâh ibn Mas'ûd a dit : "Eux sont les Compagnons de Muhammad (sur lui soit la paix). Ils étaient la meilleure partie de cette Oumma : ceux qui avaient les cœurs les plus vertueux, ceux qui étaient les plus profonds en connaissance et ceux qui faisaient le moins de maniérisme. Dieu les a choisis pour être en compagnie de Son Prophète et pour établir Sa religion. Reconnaissez donc leur valeur et suivez leurs traces. Et attachez-vous à ce que vous pouvez de leurs qualités et de leur conduite. Car ils étaient sur le chemin droit" (cité dans Michkât ul-maçâbîh, n° 193).
Quelle place les Compagnons occupent-ils dans l'Islam ? Qui est un Compagnon du Prophète ? Celui qui est resté longtemps en sa compagnie ou celui également qui ne l'a côtoyé que quelques instants ?
Un extrême : croire que chaque avis émis par et chaque acte fait par un Compagnon sont justes :
Il ne faut pas tomber dans l'extrême qui voudrait que dès qu'un Compagnon a eu un avis (sur lequel il n'y a pas eu consensus de tous les Compagnons) ou dès qu'il a fait un acte, cet avis ou cet acte est forcément et obligatoirement à suivre. Car dans la Communauté du Prophète, en dehors du Prophète nul homme n'est infaillible dans ses actes (ma'sûm 'an idh-dhanb) ou dans ses interprétations (ma'sûm 'an il-khata' fil-ijtihâd) (tant qu'il n'y a pas eu consensus sur cet avis – ijmâ' –, car sinon cela relève d'un autre cas) (cf. MF 4/434).
Un autre extrême : dire du mal d'un ou de plusieurs Compagnons :
Cependant il ne faut pas tomber dans l'autre extrême et dénigrer un Compagnon du Prophète.
ll ne faut pas croire que tel Compagnon sera puni par Dieu :
On ne peut pas dire que tel Compagnon sera puni par Dieu à cause de tel de ses avis ou de tel de ses actes. Ce qui est attribué à un Compagnon en avis et en actes est parfois faux ; le Compagnon n'a pas eu cet avis et n'a pas fait cet acte, ce sont certaines personnes qui le lui ont attribué, par calomnie (MF 4/431). Et s'il est établi que le Compagnon a réellement eu tel avis discutable ou fait tel acte erroné, alors il s'agit probablement du résultat d'un effort d'interprétation (ijtihâd) de sa part ; or, l'effort d'interprétation rapporte une récompense quand le savant a fait une erreur, contre deux quand il est parvenu à ce qui est juste (MF 4/432). Et si ce n'est pas le résultat d'un effort d'interprétation mais bel et bien une faute morale (dhanb, ithm) à propos de laquelle il n'y a pas d'avis divergent possible, alors certes le Prophète a annoncé que tel péché est normalement passible de telle punition dans l'au-delà de la part de Dieu ; cependant on ne peut oublier le fait que Dieu pardonne le péché qu'un croyant précis a fait parce que Dieu l'a bien voulu par un effet de Sa seule Miséricorde, ou parce que ce croyant Lui a demandé pardon et qu'Il le lui a alors accordé, ou parce que ce croyant a, d'un autre côté, fait d'excellentes bonnes actions, ou parce que ce croyant a subi de dures épreuves dans sa vie, ou parce qu'Il acceptera l'intercession du Prophète à l'égard de ce croyant, ou parce que les autres croyants ont prié Dieu de pardonner à leur frère sa faute, etc. Il serait donc impensable que l'on se permette de dire que tel Compagnon sera puni par Dieu à cause de tel péché qu'il a fait (cf. MF 4/432). Ainsi, Hâtib ibn Abî Balta'a, un Compagnon, avait communiqué aux Mecquois la nouvelle que le Prophète allait venir conquérir la Mecque suite à leur violation des clauses du traité : l'ayant appris, d'autres Compagnons furent très en colère et demandèrent qu'il soit traité comme un traître. Mais le Prophète dit : "Il a participé à Badr. Et peut-être que Dieu a scruté le cœur des gens de Badr et leur a dit : "Faites ce que vous voulez, Je vous ai accordé Mon Pardon"" (al-Bukhârî, 3762, 2845, Muslim, 2494). De même, alors que Hâtib ne respectait pas les droits de ses esclaves, l'un de ces derniers dit au Prophète : "Par Dieu, ô Messager de Dieu, Hâtib entrera assurément dans le feu ! – Tu mens, lui répliqua le Prophète, il a participé à Badr et à al-Hudaybiyya" (Muslim n° 2195). Voyez : c'est une faute morale que de ne pas respecter les droits des esclaves ; l'esclave a le droit de se plaindre du mauvais comportement de son maître ; l'autorité doit rappeler au maître – ici Hâtib – ses devoirs ; mais dans l'au-delà, pour Hâtib précisément cette faute n'entraînera pas de punition car – comme l'a dit le Prophète – Dieu en a décidé ainsi à son sujet parce qu'il a participé à Badr (MF 4/459-460, 35/67-68). Le Prophète a fait les éloges de tous ses Compagnons, qui sont les meilleurs de toute sa Oumma (comme nous le verrons plus bas) ; une faute morale n'entraînera donc pas de punition dans l'au-delà ; tout au contraire, ils obtiendront le pardon.
"La meilleure partie de ma Oumma est mon époque, puis ceux qui viennent après, puis ceux qui viennent après" :
Le Prophète a dit : "La meilleure partie de ma Oumma est mon époque, puis ceux qui viennent après, puis ceux qui viennent après. Puis viendront des gens qui apporteront un témoignage alors qu'il ne leur aura pas été demandé, qui trahiront ce qu'il leur aura été confié et ne seront pas honnêtes, qui feront des vœux qu'ils ne respecteront pas, et qui seront gras" (al-Bukhârî, 3450, Muslim, 2535). Dans une autre version, on lit ceci : "… qui chercheront à grossir et aimeront être gros…" (at-Tirmidhî, 2221).
Les termes "mon époque" ne désignent pas ici "la période pendant laquelle le Prophète vivait" mais "les individus qui ont vu le Prophète", c'est-à-dire l'ensemble des Compagnons : c'est bien pourquoi le Prophète, parlant de ce qu'il y a après "son époque", emploie les termes "ceux qui viendront après eux" ("alladhîna yalûnahum"). Dans une autre version, le Prophète l'a dit explicitement ainsi : "La meilleure partie de cette Oumma est l'époque parmi lesquels j'ai été envoyé" (FB 7/8) : les termes "parmi lesquels" ("al-qarn alladhî bu'ithtu fîhim") montrent bien qu'il s'agit d'individus et non pas d'une période.
Chaque Compagnon est meilleur auprès de Dieu que tout autre musulman de la Oumma :
Deux questions se posent par rapport au Hadîth cité ci-dessus…
Primo : Qui est "Compagnon du Prophète" ? est-ce toute personne qui, en étant musulmane, a vu même une fois le Prophète lorsque ce dernier était vivant et est plus tard morte musulmane ? ou bien y a-t-il, en plus de cela, une durée minimale pendant laquelle il faut qu'elle soit restée en la compagnie du Prophète ?
C'est la première réponse qui est la bonne (MF 35/59, FB 7/6-8). Les Compagnons sont donc toutes les personnes qui, en étant musulmanes, ont vu le Prophète durant le vivant de celui-ci et qui sont mortes avec la foi. Après la mort du Prophète, en l'an 11 de l'hégire, aucun homme ne peut donc plus devenir Compagnon. La période où des musulmans peuvent atteindre le statut de Compagnon prend donc fin à la mort du Prophète, en l'an 11 de l'hégire.
Celle où des musulmans peuvent atteindre le statut de Tâ'bi'î prend fin avec la mort du Compagnon Abu-t-Tufayl 'Âmir ibn Wâthila al-laythî, survenue en l'an 100, 107 ou 110 (FB 7/8).
Quand à celle où des musulmans peuvent atteindre le statut de Tâbi' ut-tâbi'î, elle prend fin en l'an 170 ou 180 (FB 7/8).
Secundo : ce Hadîth signifie-t-il que, parmi tous les Compagnons qu'il y a eu, chaque Compagnon est meilleur que chaque musulman qui n'est pas Compagnon, ou bien signifie-t-il que c'est pris dans leur ensemble que les Compagnons sont meilleurs que les musulmans de la seconde génération (Tâbi'ûn) et qu'il se peut donc qu'un Tâbi'î précis soit meilleur qu'un Compagnon pris isolément ?
La majorité des savants est de l'avis suivant : pour ce qui est de la profondeur du savoir, c'est pris dans leur ensemble que les Compagnons sont plus savants que les autres musulmans ("a'maquhum 'ilman", avait dit Ibn Mas'ûd) et il se peut donc que, pris isolément, certains musulmans de la seconde génération soient plus savants que certains Compagnons, pris eux aussi isolément.
Par contre, pour ce qui est de la valeur de la personne auprès de Dieu, alors au sein de la Communauté du Prophète Muhammad (sur lui la paix), chaque Compagnon a, auprès de Dieu, un grade plus grand que n'importe quel autre musulman qui n'est pas Compagnon (FB 7/9-10, MS 3/289). Ceci est dû au fait, comme l'a écrit Ibn Taymiyya, que la valeur des actions ne dépend pas seulement de sa forme extérieure mais aussi des réalités qui sont présentes dans le cœur et qui en constituent le fondement, ainsi que des sacrifices consentis pour la défense et la propagation de l'islam (MS 3/288, 3/347-348). Ibn Hazm évoque plusieurs causes qui font la supériorité des Compagnons auprès de Dieu : il y a notamment le fait qu'ils ont bénéficié de la Compagnie du Messager de Dieu, le fait aussi que leurs actions étaient plus sincères que celles de ceux qui viendront après, le fait aussi que leur période était décisive et nous leur sommes redevables de ce qu'ils ont bâti par leurs sacrifices, etc. (FMAN 3/34-37).
Pour ce qui est des Tâbi'ûn, par contre, la supériorité des Tâbi'ûn sur ceux qui viendront après ne concerne pas chaque Tâbi'î par rapport à chaque musulman qui viendra après mais concerne les Tâbi'ûn pris dans leur ensemble par rapport à l'ensemble des musulmans de la génération suivante. Il en est de même pour les Tab' ut-tâbi'în (cf. FB 7/10).
A l'intérieur de l'ensemble des Compagnons eux-mêmes, cependant, il y a des catégories en termes de valeur auprès de Dieu. Dieu Lui-même a dit : "Ne sont pas semblables parmi vous ceux qui ont dépensé et combattu avant la fat'h. Ceux-là ont un grade plus élevé que ceux qui ont dépensé et combattu après. Et à chacun Dieu a promis la plus belle récompense" (Coran 57/10). Que désigne le terme "fat'h" ici employé : la campagne de al-Hudaybiyya, en l'an 6 de l'hégire, celle qui a débouché sur la trêve entre les Musulmans et les Mecquois et qui a été décrite par Dieu comme une "fat'h mubîn" ? ou bien la conquête de La Mecque en l'an 8 de l'hégire, appelée elle aussi "al-fat'h" ? Il s'agit ici de la campagne de al-Hudaybiyya (MS 1/222, 2/296, MF 35-60).
Ces personnages "ayant dépensé et combattu avant Hudaybiya" sont ceux-là mêmes dont Dieu a dit dans un autre verset : "Les devanciers parmi les Emigrants et les Auxiliaires" (MS 1/222, 2/296, MF 35-60). Les Compagnons qui ont fait serment d'allégeance au Prophète à al-Hudaybiyya sous l'arbre sont appelés "les Compagnons de l'arbre" ; ils sont entre 1400 et 1500 personnes (FB 7/548-549). Tous ces Compagnons font partie de ces "Devanciers parmi les Emigrants et les Auxiliaires" (MS 1/222) (d'autres sont morts avant cet événement). Le Prophète a dit : "Ne séjournera inshâ Allâh en enfer aucun des Compagnons qui ont fait allégeance sous l'arbre" (Muslim, 2496). Au sein de l'ensemble de ces Devanciers, ceux qui ont participé à Badr ont une valeur plus grande encore auprès de Dieu : "N'entrera jamais en enfer un homme qui a participé à Badr et al-Hudaybiyya" (Ahmad, 14725, voir aussi Muslim, 2495). L'ange Gabriel demanda un jour au Prophète : "Comment considérez-vous parmi vous les gens ayant participé à Badr ? – Parmi les meilleurs musulmans (ou un terme approchant), répondit le Prophète. – Ainsi en est-il également de ceux qui ont participé à Badr parmi les anges", affirma Gabriel (al-Bukhârî, 3771).
Le tournant de la trêve de al-Hudaybiyya, conclue en dhul-qa'da de l'an 6, va atténuer les difficultés que les musulmans avaient jusqu'ici à subir à cause de leur foi ; il est donc attendu que ceux d'avant ont une plus grande valeur auprès de Dieu. En effet, ce sont les sacrifices des premiers qui ont pavé la voie pour ceux qui viennent ensuite : les premiers ont donc une valeur plus grande auprès de Dieu. Cette trêve va aussi amener de nombreuses personnes à se convertir à l'islam ; de nombreuses parmi elles émigreront aussi à Médine pour renforcer ainsi la position de la ville du Prophète. Elles seront donc quand même des "muhâjirûn".
Un nouveau tournant survient presque deux ans après la trêve de al-Hudaybiyya, , c'est la conquête de la Mecque, en ramadan de l'an 8. Le Prophète annonce alors : "Plus d'émigration après la conquête ("al-fat'h")…" (al-Bukhârî, 2631, Muslim, 1353) (voir aussi Sahîh al-Bukhârî 2913). Personne ne peut donc devenir "muhâjirî" de cette catégorie dont Dieu a fait les éloges dans Son Livre. Ceux qui sont devenus musulmans entre al-Hudaybiyya et la conquête de la Mecque et qui ont émigré à Médine sont donc pour leur part des "muhâjirûn" aussi, et s'ils sont de moindre stature que les "Devanciers", ils ont une plus grande valeur auprès de Dieu que les Compagnons devenus musulmans après la conquête de la Mecque.
Parmi tous les Compagnons (ceux qui ont vu le Prophète vivant en étant musulmans et qui sont morts musulmans) il y a donc :
- ceux qui ont embrassé l'islam avant al-Hudaybiyya (dhul-qa'da 6) ; s'ils sont restés en vie jusqu'à l'émigration du Prophète à Médine, ils ont aussi émigré à Médine, où se trouvaient les habitants déjà devenus musulmans ; ce sont "as-sâbiqûn al-awwalûna min al-muhâjirîna wal-ansâr" (MS 1/222, 2/296, MF 35-60) ;
- ceux qui ont embrassé l'islam et ont émigré à Médine pendant la période comprise entre al-Hudaybiyya (dhu-l-qa'da 6) et la conquête de la Mecque (ramadan 8) ; ce sont "muslimat ul-hudaybiyya", aussi nommés "muhâjirat ul-fat'h" ; Khâlid ibn al-Walîd et Amr ibn al-'As appartiennent à cette catégorie ;
- ceux qui ont embrassé l'islam à l'occasion de la conquête de La Mecque ; ce sont "muslimat ul-fat'h", aussi appelés "at-tulaqâ'" (pluriel de "talîq") parce que le Prophète avait dit, après la conquête de la Mecque : "Idh'habû fa antum ut-tulaqâ'" ; Abû Sufyân ibn Harb, Mu'âwiya ibn Abî Sufyân, Yazîd ibn Abî Sufyân, al-Hârith ibn Hishâm, Suhayl ibn 'Amr, Safwân ibn Umayya, 'Ikrima ibn Abî Jahl, etc. sont par exemple des "tulaqâ'" (MF 4/457-459, 4/466) ;
- il y enfin ceux qui ont embrassé l'islam après la conquête de la Mecque (an 8) et avant la mort du Prophète en l'an 11 ; les gens de at-Taïf qui se sont convertis à l'islam relèvent de cette catégorie ; on peut citer comme faisant partie de cette catégorie-ci 'Uthmân ibn Abi-l-'As (cf. MF 4/461).
Lors du califat de Omar, des années après la mort du Prophète, Omar est informé que la peste s'est déclarée dans la région où il doit se rendre ; n'ayant pas connaissance du Hadîth du Prophète sur le fait de savoir s'il doit poursuivre son chemin ou s'il doit ne pas se rendre dans la région où l'épidémie sévit, il consulte les personnages présents ; il prend alors d'abord l'avis des "muhârijûn", puis celui des "ançars" [ces deux groupes constituent "as-sâbiqûn al-awwalûna min al-muhâjirîna wal-ansâr"] ; puis il prend l'avis des "muhâjirat ul-fath'" (al-Bukhârî, 5397).
Certaines personnes disent parfois que Ibn 'Abd il-barr est d'un avis différent de celui que nous avons vu plus haut et qui est partagé par la majorité des savants : selon Ibn 'Abd il-barr, le Hadîth parlant de la supériorité des Compagnons sur les Tâ'bi'ûn concerne les Compagnons pris dans leur ensemble par rapport aux Tâbi'ûn pris dans leur ensemble : il se peut donc, d'après son avis, qu'un Tâbi'î précis soit meilleur qu'un Compagnon précis. Ces personnes citent cet avis de Ibn 'Abd il-barr et se mettent donc à dire que Omar ibn 'Abd il-'azîz serait meilleur que Mu'âwiya et Amr ibn al-As, voire même que Aïcha, Tal'ha ou az-Zubayr.
Or, s'il est vrai que Ibn 'Abd il-barr a l'avis sus-cité, il ne faudrait pas oublier qu'il n'a pas émis cet avis de façon absolue : pour lui, il n'y a aucun doute que chaque Compagnon relevant du groupe de "as-sâbiqûn" ou des "muhâjirat ul-fat'h" est meilleur que n'importe quel musulman n'étant pas Compagnon ; de même, il est explicitement d'avis que tout Compagnon ayant dépensé de ses biens et combattu pour l'islam en compagnie du Prophète est supérieur que n'importe quel autre musulman (FB 7/10). Or Aïcha, Tal'ha et az-Zubayr font partie de "as-sâbiqûn". Amr ibn al-As, lui, fait partie des "muhâjirat ul-fat'h". Quant à Mu'âwiya, il fait certes partie de "at-tulaqâ'", mais si le verset dit "parmi vous" (c'est-à-dire "parmi les Compagnons"), ceux qui ont dépensé de leurs biens et combattu après le tournant de al-Hudaybiyya ne sont pas du même niveau que ceux qui l'ont fait après ce tournant, il dit aussi : "Et à chacun Dieu a promis la plus belle récompense" (57/10) ; or Mu'âwiya (de même d'ailleurs que Amr ibn al-As) a dépensé de ses biens et combattu pour l'islam en compagnie du Prophète lors des campagnes de Hunayn et de at-Tâïf en l'an 8 de l'hégire (MF 4/458-459) ; et un autre verset dit de ceux qui bénéficient de la promesse du meilleur seront éloignés du feu et n'en entendront même pas le bruit (Coran 21/101-103) (voir FMAN 3/72-73). De plus, l'autre verset affirme que Dieu a agréé "as-sâbiqûn al-awwalûn min al-muhâjirîn wal-ansar" mais aussi "al-ladhîna-t-taba'ûhum bi ihsân" (Coran 9/100).
L'époque où, après la mort du Prophète, il y a encore des Compagnons vivants, est globalement meilleure que les époques suivantes :
Le Prophète a dit : "Viendra une époque où des groupes de gens partis combattre diront : "Y a-t-il parmi vous des gens qui sont restés en compagnie du Prophète ? – Oui". Ils combattront alors et seront victorieux. Puis viendra une époque où des groupes de gens partis combattre diront : "Y a-t-il parmi vous des gens qui sont restés en compagnie des Compagnons du Prophète ? – Oui". Ils combattront alors et seront victorieux. Puis viendra une époque où des groupes de gens partis combattre diront : "Y a-t-il parmi vous des gens qui sont restés en compagnie de ceux qui sont restés en compagnie des Compagnons du Prophète ? – Oui". Ils combattront alors et seront victorieux" (Bukhârî 3449, Muslim 2532). Ibn Hajar relate un Hadîth rapporté par Ibn Abî Shayba qui dit : "Vous resterez dans du bien [considérable] tant qu'il y aura parmi vous des gens qui m'ont vu et sont restés en ma compagnie. Par Dieu, vous resterez [aussi] dans du bien [considérable] tant qu'il y aura parmi vous des gens qui sont restés en compagnie de ceux qui m'ont vu et sont restés en ma compagnie" (FB 7/8).
Avec la mort du Prophète débute une époque où vivent des Compagnons et leurs élèves, les Tâbi'ûn ; pendant cette époque, la situation globale des musulmans – au niveau de la foi et des bonnes actions – est meilleure que celle de l'époque où il n'y aura plus aucun Compagnon vivant ; cela est dû à l'effet positif, sur la société, de la profondeur de la foi des Compagnons – disciples directs du Prophète –, de leur sincérité, de leurs bonnes actions et de leur abnégation pour la cause de l'islam. Cette époque prend fin avec la mort du Compagnon Abu-t-Tufayl 'Âmir ibn Wâthila al-laythî, survenue en l'an 100, 107 ou 110 (FB 7/8).
Puis, après la mort de tous les Compagnons, commence la période où il n' y a plus aucun Compagnon vivant ; vivent alors des Tâbi'ûn et leurs élèves, les Tab' ut-tâbi'în. Cette seconde époque va de l'an 100, 107 ou 110, à l'an 170 ou 180 (cf. FB 7/8). Conformément au Hadith que nous avons vu ci-dessus, pendant cette seconde période, la situation globale des musulmans est meilleure – au niveau de la foi et des bonnes actions – que celle de l'époque suivante, quand il n'y aura plus que des Tab' ut-tâbi'în mais plus de Tâbi'î vivant.
Ensuite, après la mort de tous les Tâbi'ûn, tant que vivront des Tab' ut-tâbi'în (cette troisième époque va de l'an 170 ou 180, à l'an 220 ; cf. FB 7/8-9), la situation globale des musulmans sera meilleure que celle de l'époque où il n'y aura plus aucun Tab' ut-tâbi'î, conformément au Hadith que nous avons vu ci-dessus.
A chaque fois j'ai bien dit "la situation globale des musulmans sera meilleure", car, comme le souligne Shâh Waliyyullâh, pendant la époque où vivent des Compagnons et des Tâ'bi'ûn, à côté de l'impressionnante quantité des gens pieux, il y a aussi eu des musulmans tels que de Al-Hajjâj et Al-Mukhtâr, qui ont vu les Compagnons mais n'ont pas été des modèles dans leurs actions (HB 2/585). Shâh Waliyyullâh écrit à propos des Hadîths que nous avons vus ci-dessus à propos des valeurs des époques qu'ils ne signifient pas que chaque Tâbi'î vivant pendant cette période et ayant donc côtoyé un ou plusieurs Compagnons serait meilleur qu'un musulman venant après ; ces Hadîths signifient que la majorité des musulmans vivant pendant la période où des Compagnons sont encore vivants seront meilleurs que la majorité des musulmans de la période suivante et de n'importe quelle autre période (HB 2/585). Ibn Hajar a écrit la même chose : "Cela concerne la majorité. Car après les Compagnons, il y a eu, chez certains de ceux qui ont été les élèves des Compagnons et ceux qui ont été les élèves de leurs élèves, il y a eu des défauts mentionnés dans le Hadîth ["Puis viendront des gens qui apporteront un témoignage alors qu'il ne leur aura pas été demandé, qui trahiront ce qu'il leur aura été confié et ne seront pas honnêtes, qui feront des vœux qu'ils ne respecteront pas, et qui seront gras"] ; mais cela était en peu développé. Par contre, après la fin des trois premières périodes, la présence de ces défauts a augmenté et s'est développée" (FB 7/10).
Une mauvaise compréhension d'un Hadîth :
Le Prophète a dit que le jour du jugement, alors qu'il sera en train d'abreuver les gens de sa Communauté de l'eau de son bassin, certains de ceux qui l'auront vu et seront restés en sa compagnie seront conduits en enfer, et, qu'à son questionnement, il lui sera dit qu'ils étaient retournés sur leurs pas après qu'il les eut quittés (al-Bukhârî 6161, Muslim 247, 2860, etc.). A partir d'une compréhension erronée de ce Hadîth, certaines personnes se sont mises à dire qu'à l'exception de quatre ou cinq personnages, tous les Compagnons du Prophète avaient apostasié après sa mort.
C'est faux. Dans ce Hadîth il s'agit d'un très petit nombre parmi tous ceux qui avaient vu le Prophète et avaient cru en lui ; et il ne s'agit pas de ses proches Compagnons, de ceux qui étaient près de lui. Deux raisons très simples le prouvent… Primo : vers la fin de sa vie, le Prophète avait, du haut de la chaire, dit à l'ensemble de ses Compagnons réunis dans sa mosquée de Médine : "… Je serai un témoin pour vous et je vous donne rendez-vous au bassin…" ; c'était, dit 'Uqba ibn 'Amir, la dernière fois que je voyais le Prophète (vivant) (al-Bukhârî 3816) ; si dans l'autre Hadîth annonçant l'apostasie de certains de ceux qui avaient été du nombre de ses Compagnons sur terre, le Prophète avait voulu parler de ses proches Compagnons, pourquoi aurait-il, dans la mosquée de Médine, quelques jours avant de mourir, dit à ces mêmes Compagnons qu'il leur donnait rendez-vous au bassin ? Pourquoi prendre un seul Hadîth et rejeter l'autre ?
Secundo : il y a un autre Hadîth où le Prophète, disant la même chose, a employé la forme diminutive du terme : "ussayhâbî" (al-Bukhârî 4349, Muslim 2304) ; cela signifie que, parmi tous ceux qui auront bénéficié à un degré quelconque de la compagnie du Prophète, seulement un très petit nombre d'entre eux seront dans ce cas le jour du jugement. La vérité est ce que as-Sindî, commentant le Hadîth en question, a écrit : ce Hadîth parle de ceux des musulmans qui avaient cru en le Prophète durant son vivant mais qui, après le décès de celui-ci, avaient apostasié en rejoignant les rangs de Mussaylima [et étaient morts ainsi] (Shar'h an-Nassâ'ï, commentaire du hadîth n° 2087).
Ne jamais dire du mal d'un Compagnon :
Certaines personnes, exprimant un désaccord par rapport à tel avis que tel Compagnon a eu ou tel acte que tel Compagnon a fait, le font d'une façon qui témoigne d'un manque de respect à leur mémoire. C'est une grave erreur, car nous devons amour et respect à tous ceux qui ont vu le Prophète avant sa mort en étant musulmans et qui sont morts musulmans. C'est bien dans ce sens que Mâlik a dit : "Ceux qui ont dénigré ("ta'anû") les Compagnons du Messager de Dieu ne l'ont fait qu'avec l'objectif que certains puissent dire : "L'homme était mauvais, c'est pourquoi il a eu des Compagnons mauvais. Si l'homme avait été bon, ses Compagnons l'auraient été aussi"" (MF 4/429). Le Prophète lui-même a dit : "Ne dites pas du mal de mes Compagnons !" (al-Bukhârî, 3470, Muslim, 2540).
Une question se pose ici : c'est alors que Khâlid ibn al-Walîd avait eu des mots avec Abd ur-Rahmân ibn Awf – qui fait partie de "as-sâbiqûn al-awwalûn" que le Prophète avait dit : "Ne dites pas du mal de mes Compagnons ! Car si l'un d'entre vous dépensait de l'or en quantité égale au mont Uhud, il n'atteindrait pas la mesure ni la demi-mesure de l'un d'entre eux" (Muslim, 2541). Le Prophète dit donc à Khâlid de ne pas insulter ses Compagnons ; est-ce que Khâlid ne ferait donc pas partie des Compagnons, car n'ayant embrassé l'islam qu'après al-Hudaybiyya ?
La réponse est qu'en fait, si le Prophète a ici employé le terme "mes Compagnons" en s'adressant à Khâlid, ce n'est pas parce que Khâlid ne serait pas un Compagnon ; être Compagnon du Prophète est un terme qui s'applique à toute personne qui a vu le Prophète en ayant la foi musulmane et qui est morte avec cette foi, qu'elle soit restée dans la compagnie (as-suhba) du Prophète de nombreuses années ou peu de temps, ou qu'elle l'ait vu une fois ; cependant, ceux qui sont restés en sa compagnie de nombreuses années ont acquis une quantité plus grande de cette "compagnie", ce qui fait que le terme "Compagnon" s'applique avec davantage de force à eux. C'est bien pourquoi, s'adressant à des Compagnons des "sâbiqûn" tels que Omar, le Prophète a dit un jour, parlant de Abû Bakr : "Allez-vous laisser mon Compagnon (tranquille) ?" (al-Bukhârî, 3661) ; ceci ne veut absolument pas dire qu'il n'a pas considéré Omar comme Compagnon, mais cela relève du fait que Abû Bakr a, de la compagnie du Prophète, acquis une part plus importante que Omar, ce qui fait que si le terme s'applique à tous les deux, il s'applique de façon plus grande au premier (voir MF 4/464-465, 35/60-63 FB 7/44). Lorsque le Hadîth "Ne dites pas du mal de mes Compagnons" demande que les personnages qui sont Compagnons mais dans une mesure moins importante que d'autres ne disent pas du mal de ces autres, comment ne pas comprendre qu'il s'adresse à plus forte raison à ceux qui, comme nous, ne sont pas du tout Compagnons ?
Sa'ïd ibn Zayd était auprès d'un de ses amis dans la mosquée de Kufa quand un homme arriva et se mit à dire beaucoup de mal de quelqu'un. "De qui cet homme parle-t-il ainsi en mal ? questionna Sa'ïd. – De Alî, répondit son ami. – Comment se fait-il que j'entende qu'on dit du mal des Compagnons du Prophète auprès de toi et que tu dises rien ? J'ai entendu le Prophète dire – et je n'en suis pas à lui attribuer ce qu'il n'a pas dit pour qu'il me demande des explications à ce sujet demain quand je le rencontrerai – : "Abû Bakr (sera) dans le paradis, Omar (sera) dans le paradis, Uthmân (sera) dans le paradis, Alî (sera) dans le paradis, Tal'ha (sera) dans le paradis, az-Zubayr ibn al-'Awwâm (sera) dans le paradis, Sa'd ibn Mâlik (sera) dans le paradis, Abd ur-Rahmân ibn Awf (sera) dans le paradis et Sa'ïd (sera) dans le paradis". La présence de l'un d'entre eux avec le Prophète (sur lui la paix) de sorte que son visage se soit couvert de poussière a plus de valeur [auprès de Dieu] que les bonnes actions que l'un d'entre vous ferait toute sa vie même s'il vivait aussi longtemps que Noé" (Abû Dâoûd, 4649). Voir aussi Sunan at-Tirmidhî n° 3847-3848.
Ce que Dieu a dit des Compagnons du Prophète, les meilleurs hommes de sa Communauté :
"Muhammad est le Messager de Dieu. Et ceux qui sont avec lui sont forts face aux incroyants [traduction approximative de "ashiddâ'u 'ala-l-kuffâr"], miséricordieux entre eux. Tu les verras inclinés, prosternés, cherchant une grâce et une satisfaction de la part de leur Seigneur. Leur signe est sur leur visage, venant de l'effet de la prosternation ; voilà leur description dans la Thora. Et leur description dans l'Evangile est celle d'un plant qui a fait sortir sa pousse puis l'a renforcée ; celle-ci s'épaissit alors puis se dresse sur sa tige, à l'émerveillement des semeurs…" (Coran 48/29).
"Dieu a agréé les croyants quand ils t'ont prêté serment sous l'arbre" (Coran 48/18).
"Ne sont pas semblables parmi vous ceux qui ont dépensé et combattu avant al-fat'h [la trêve de al-Hudaybiyya]. Ceux-là ont un grade plus élevé que ceux qui ont dépensé et combattu après. Et à chacun Dieu a promis la plus belle récompense" (Coran 57/10).
"Les devanciers premiers parmi les Emigrés et les Auxiliaires, ainsi que ceux qui les ont en suivi avec une bienfaisance, Dieu les a agréés et ils ont été contents par rapport à Lui…" (Coran 9/100).
Aimer les Compagnons du Prophète :
Le Prophète (sur lui la paix), en réponse à la question d'une personne, lui avait dit : "Tu seras [le jour du jugement, ou dans le paradis] avec ceux que tu auras aimés (sur terre)". Anas ibn Mâlik, qui rapporte ce Hadîth, se souvient : "Rien ne nous a rendu aussi joyeux que cette parole du Prophète : "Tu seras avec qui tu auras aimé"." Anas disait : "J'aime le Prophète, Abû Bakr et Omar. J'espère donc que je serais en leur compagnie parce que je les aime, même si je n'ai pas fait des actions comparables aux leurs" (rapporté par al-Bukhârî, 3485, Muslim, 2639).
Nous n'avons pas fait des actions aussi vertueuses et aussi sincères que les Compagnons. Mais nous les aimons tous. Et nous les aimons parce qu'ils sont les disciples du Prophète et les fruits de l'arbre qu'il a planté. Nous espérons donc de Dieu qu'Il nous accordera leur compagnie dans le Jardin. Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
Signification des sigles :
FB : Fat'h ul-bârî, Ibn Hajar
FMAN : Al-Fissal fil-milal wal-ahwâ' wan-nihal, Ibn Hazm
HB : Hujjat ullâh il-bâligha, Shâh Waliyyullâh
MF : Majmû' ul-fatâwâ, Ibn Taymiyya
MS : Minhâj us-sunna an-nabawiyya, Ibn Taymiyya.
- Project2501
- Membre
- Date d'inscription: 12-04-2006
- Messages: 1399
Re: Questions qui me tracassent...
Baraka Allah fik, c'est excellent merci, sache que je ne reprochais rien de mal envers les Compagnons, c'est juste que je ne comprenais pas trop 
InjEcT yOur coDe or gEt MinE
Due to wrong code injection for several times, this Project won't answer anymore.
|
|
|