Echec et mat. Le légendaire champion d’échecs Bobby Fischer, qui avait trouvé refuge en Islande après avoir failli finir dans une prison américaine, est mort jeudi à l’âge de 64 ans à Reykjavik en Islande.
C’était un homme seul contre un système. Quand il a battu Spassky en 1972, il a battu l’URSS, la culture soviétique. Et seulement avec l’aide d’un entraîneur, Lombardi, qui n’était en fait qu’un conseiller psychologique.
Il a sorti seul les échecs de l’anonymat. Il avait des exigences en termes de cachet, de conditions de jeu qui ont permis ce que sont les échecs aujourd’hui. Aujourd’hui nous sommes tous les héritiers de Fischer.
Après avoir touché le feu sacré en 1972, l’ex-étoile du jeu file chaque jour vers le trou noir. Son graal atteint, il a annihilé sa raison d’être. Se laisse submergé par sa parano, ses névroses, ses folies. Américain antiaméricain. Juif antisémite. Joueur d’échecs antijeu d’échecs. Il a tellement habité le jeu qu’il l’a déconstruit. Inventant une nouvelle pendule. Rêvant une nouvelle règle où le placement des pièces serait tiré au sort au départ. Il n’a plus un radis. Il est à Manille. Il est à Belgrade. Il est à Buenos Aires. Il est partout. Nulle part. Il réapparaît pour une parenthèse désenchantée, en 1992, au Monténégro. Pour un match revanche contre Spassky (qu’il gagne) et 3,35 millions de dollars (2,3 millions d’euros) à la clé. Mais il viole l’embargo onusien ; la justice américaine lance un mandat d’arrêt. Le funambule au bord du gouffre se condamne à l’errance et à la désespérance. Au lendemain du 11 septembre 2001, il dit : «Formidable nouvelle». Le voilà arrêté au Japon en juillet 2004. En taule, il pousse une dernière fois des pièces, mais finit à l’isolement pour avoir tapé du maton.
C’est le Parlement islandais qui le sauvera de l’extradition, votant, à l’unanimité sauf deux voix, sa naturalisation. Les joueurs professionnels, les fidèles, regardent Fischer en Céline échiquéen. Il y aurait l’œuvre et l’homme. «Le roi est toujours seul, personne ne l’aide, a pu dire Spassky. C’est la tragédie de tous les souverains.» Spassky, a dit, aussi : «Les échecs, c’est comme la vie.» Fischer répondra en abrégeant, comme toujours : «Les échecs, c’est la vie.» Hier, on a appelé Spassky, qui vit à Meudon (Hauts-de-Seine). Il a décroché. Une voix, tremblante. «Monsieur, Bobby est mort… Bobby est mort… Au revoir, monsieur.»
boby ficher a fait des declaration antisemites et il a aussi declaré que l'amerique etait l'axe du male similaires a celles d' ousama benladen...