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#1 18-02-2007 16:19:25

Samy
Membre
Lieu: Alger
Date d'inscription: 08-02-2006
Messages: 522

Avortement Sauvage en Algérie

80.000 avortements chaque année en Algérie selon la gendarmerie nationale. Un phénomène social qui prend de l’ampleur

- 80 femmes ont perdu la vie suite à des IVG clandestines en Algérie et 7.800 dans le monde.
- La loi et la charia interdisent l’avortement sauf dans des cas précis.
- Un avortement clandestin provoqué coûte entre 70.000 et 90.000 DA.
- Chaque année 46.000.000 avortements sont recensés dans le monde et 5.000 enfants naissent hors mariage.

L’avortement ou une autre façon d’expulser l’embryon ou le fœtus avant 180 jours de la grossesse est devenu en l’espace de quelques années un phénomène social au niveau mondial mais aussi en Algérie. L’avortement qui n’est pas du tout cerné reste, de l’avis des spécialistes, tabou.

Le nombre de cas traités par la justice algérienne et ceux déclarés ne reflètent en aucun cas la réalité de la situation d’autant plus que l’avortement se fait de manière clandestine. Aujourd’hui, sur environ 46 millions d’avortements pratiqués chaque année dans le monde, plus de 20 millions sont illégaux, par conséquent réalisés dans des conditions sanitaires précaires et souvent par des personnes non qualifiées du point de vue médical. Ces interventions provoquent le décès de 7.800 femmes chaque année.

En Algérie, la situation est devenue plus que jamais préoccupante. Chaque semaine les unités de la gendarmerie et les services de la sûreté nationale découvrent des nouveau-nés sans vie abandonnés dans des décharges publiques, dans des rues, dans des draps ainsi que dans des couffins. Les services de la police judiciaire des deux corps ont traité l’année écoulée 40 cas d’avortement à travers l’ensemble du territoire national.

Ce chiffre en réalité n’est que la partie visible de l’iceberg car selon les services de santé et les hôpitaux, il y a eu pas moins de 80 décès suite à des avortements effectués chez des femmes ou de faux médecins et cela uniquement dans la wilaya d’Alger. Des recherches approfondies et le recueillement des statistiques en sus de la déclaration en cas d’avortement révéleraient des chiffres énormes.

La croissance de l’avortement clandestin est due très certainement à la remontée vertigineuse du nombre des agressions sexuelles, les viols, les incestes, les attentats à la pudeur. A titre d’exemple, l’année dernière il a été enregistré chez la police 326 viols tandis que chez les gendarmes 122 cas ont été traités durant les 9 premiers mois de l’exercice précédent. Ces chiffres expliquent la hausse des cas d’avortement en Algérie.

Même les femmes mariées qui ne désirent pas garder leurs bébés recourent très souvent à l’avortement. Il est difficile de détecter un cas d’avortement. Sa détection se fait une fois que la femme victime de complications dues à l’opération ou d’une hémorragie aiguë.

Les raisons d’un avortement

Toute une série de problèmes, et non quelques facteurs isolés, sont à l’origine des conflits générés par une grossesse non désirée. Le sens des responsabilités envers un futur enfant est capital. Une grande importance est accordée à la solidité du couple et de la famille. Une relation fragile, des doutes quant à l’aptitude à élever un enfant, la peur de l’avenir, le surmenage créé par la multiplicité des tâches à accomplir, le respect des sentiments du partenaire figurent parmi les raisons de cet acte.

Pour ce qui est des raisons les plus fréquemment invoquées pour une interruption de grossesse, on relève une mauvaise relation de couple et l’incompatibilité de la formation ou de l’exercice d’une profession avec un enfant. Une situation financière grave, un obstacle à la réalisation du désir d’enfant, une femme victime d’un viol ou d’un inceste figurent également au tableau.

Souvent les femmes qui envisagent une IVG sont exposées à toute sorte de contraintes : le partenaire leur demande d’avorter et les abandonne, la relation est rompue, les parents ne veulent pas entendre parler d’un petit enfant illégitime, les soucis financiers s’accumulent, etc.

Ceci ne signifie cependant pas que la femme se décide pour une IVG uniquement sous la pression de l’entourage, indépendamment de sa propre volonté. Dans son propre intérêt et celui d’un futur enfant, elle

prendra en considération tous ces paramètres. Les contraintes ne disparaissent pas avec la naissance de l’enfant et elle devrait continuer à vivre avec elles.

Plusieurs études montrent que peu de femmes subissent une IVG uniquement parce qu’elles ont succombé à de fortes pressions de leur entourage.

En Algérie, l’IVG a connu une hausse conséquente dans le milieu des cités universitaires de filles, les adolescentes mais aussi dans les villages et pas uniquement au niveau de la capitale.

L’année dernière, les services de la police judiciaire ont réussi à démanteler un réseau spécialisé dans l’avortement composé de 10 éléments dont une femme qui jouait le rôle d’intermédiaire entre les femmes, le médecin chirurgien et les infirmiers impliqués.

A Tissemssilt, un infirmier licencié pour faute professionnelle grave a été arrêté à son tour pour avoir réalisé plusieurs avortements. Aujourd’hui avec l’évolution de la médecine, il est désormais possible à la femme d’avorter en prenant des comprimés qui l’aideront à avorter sans pour autant recourir à une intervention.

Selon une étude effectuée par le sous-lieutenant Belhadj de la cellule de communication du commandement de la gendarmerie nationale, beaucoup de jeunes filles ont avorté dans des conditions abominables, jusqu’à prendre le risque de devenir stérile comme au début de cette année où une jeune fille est décédée à Alger des suites d’un avortement, l’opération ayant été mal réalisée.

Selon quelques informations, la pratique de l’avortement clandestin, sans assistance médicale légale coûte entre 70.000 et 90.000 dinars. Des filles vont en Tunisie en prétextant le tourisme pour se faire avorter moyennant 500 euros, plus d’autres frais ce qui revient à 80.000 DA.

Selon une source bien informée, quelques cliniques privées pratiquent en cachette l’interruption de la grossesse contre une forte somme d’argent. Ce qui fait que le voyage pour la Tunisie pour l’avortement connaît ces deux dernières années une baisse sensible.  Selon les gendarmes, de 1990 à 1992, à l’échelle nationale pour 100 naissances vivantes, il y a 10,5% d’avortements provoqués, soit au minimum 80.000 avortements par an pour 77.500 naissances.

L’avortement provoqué est plus répandu en milieu urbain (11,3 pour 100 naissances vivantes) qu’en milieu rural avec 9,9%. Il est à noter aussi que 12% de ces avortements ont lieu à un mois de gestation alors 31% à 2 à 3 mois et 25 % à 4 mois.

La loi et la charia interdisent l’avortement

L’avortement en Algérie est strictement interdit. La loi dans ce sens est on ne peut plus claire. L’article 304 de code pénal stipule «quiconque par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violence ou par tout autre moyen, a procuré ou tenté de procurer l’avortement d’une femme enceinte ou supposée enceinte qu’elle y ait consenti ou non est puni d’un emprisonnement de un an à cinq ans et d’une amende de 500 à 10.000 dinars. Et si la mort en résulte, la peine est la réclusion de 10 à 20 ans ».

Ainsi, chaque femme en Algérie qui pratique un avortement risque non seulement la prison mais également la stérilité, l’infirmité ou la mort. Cela interviendra suite aux conditions non surveillées et non hygiéniques. Du point de vue de la charia, la pratique de l’avortement est interdite.

Selon la même étude, «l’université d’El Azhar au Caire avait émis de sérieuses réserves alors mais cette même autorité religieuse avait  déclaré licite l’avortement de femmes bosniaques violées par des miliciens serbes, parce qu’il s’agissait de femmes musulmanes violées par des chrétiens ».

Le cas où l’avortement est autorisé

Les cas où l’avortement est autorisé selon les lois de la République le sont soit pour des raisons thérapeutiques afin de sauver la vie de la femme, si elle est en danger (art : 308) ou pour un avis médical selon lequel le fœtus présente des risques de malformation graves.

En cas de viol, l’interruption d’une grossesse n’est pas autorisée sauf s’il s’agit d’un viol commis dans le cadre d’un acte terroriste. Outre l’autorisation des autorités publiques dans ce cas là, une fatwa a également consenti à l’avortement dans le même cas.

Lors d’un colloque national sur le thème «L’impact de l’avortement à risque sur la santé et le bien-être des femmes et de la société» organisé à l’hôtel Sofitel par l’Association algérienne pour la planification familiale (AAPF), les participants à cette rencontre ont déclaré à l’unanimité que le problème de l’avortement existe bel et bien en Algérie sans pour autant que son ampleur ne soit connue.

Certains intervenants ont avancé, le chiffre de 200 à 300 avortements clandestins par an. Le docteur Kedad, représentante du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, s’est contentée de donner le nombre d’enfants abandonnés chaque année et qui est de l’ordre de 5000. Celle-ci affirmera que le nombre se rapportant aux 5000 enfants abandonnés nés hors mariage a été fourni par les services de l’état civil.

Au cours de la même conférence le professeur Chafi a indiqué que l’Afrique est le continent où l’on enregistre le plus de mortalité et de morbidité liées à l’avortement. Selon lui, il a été constaté 580 000 décès dans le monde. Pour une femme qui meurt, il y a à côté 10 à 15 femmes qui sont handicapées à vie. Dans le même ordre d’idées il fera remarquer, par ailleurs, que la stérilité est une conséquence tragique d’un avortement pour une jeune femme qui n’a pas encore d’enfants.

Par : El Moudjahid Le : mardi 02 mai 2006

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#2 19-02-2007 11:22:46

Samy
Membre
Lieu: Alger
Date d'inscription: 08-02-2006
Messages: 522

Re: Avortement Sauvage en Algérie

Une grossesse non-désirée est certainement un lourd fardeau pour une femme ou un couple. Mais, Dieu nous dit dans le Coran que la vie est sacrée et qu'un bon croyant doit la respecter.

La vie est sacrée : "Et, sauf en droit, ne tuez point la vie que Dieu a rendu sacrée" [17-33]

Ceux qui tuent leurs enfants sont en perdition : "Et ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté, c'est Nous qui attribuons leur subsistance, tout comme à vous. Les tuer, c'est vraiment, un énorme péché."[17-31]

"Ils sont certes perdants, ceux qui ont, par sottise et ignorance tué leurs enfants, et ceux qui ont interdit ce que Dieu leur a attribué de nourriture, inventant des mensonges contre Dieu. Ils se sont égarés et ne sont point guidés."[6-140]

Les petites filles : Avant la révélation du Coran, les femmes avaient très peu de droits et étaient un fardeau pour les familles. Des gens malsains enterraient leur pauvre fille vivante dans la terre pour éviter d'avoir à s'en occuper. Dieu en fait mention dans le Coran et clarifie que ces gens sont en perdition : "Et lorsqu'on annonce à l'un d'eux une fille, son visage s'assombrit et une rage profonde [l'envahit]. Il se cache des gens, à cause du malheur qu'on lui a annoncé. Doit-il la garder malgré la honte ou l'enfouira-t-il dans la terre ? Combien est mauvais leur jugement !" [16-58,59] C'est la venue de l'Islam qui mit un terme à cette tradition.

Le foetus est un être humain : Dieu, dans le Coran, nous dit que c'est Lui qui nous connaît le mieux puisqu'Il est notre créateur. Il sait tout de nous, même lorsque nous étions embryons : "Ceux qui évitent les plus grands péchés ainsi que les turpitudes et [qui ne commettent] que des fautes légères. Certes, le pardon de Ton Seigneur est immense. C'est Lui qui vous connaît le mieux quand Il vous a produits de terre, et aussi quand vous étiez des embryons dans les ventres de vos mères. Ne vantez pas vous-mêmes votre pureté; c'est Lui qui connaît mieux ceux qui [Le] craignent." [53-32]

En Islam, l'avortement du foetus est un crime. Plus le foetus est âgé, plus le crime est grand. Selon la tradition musulmane (Sounna), le foetus acquiert son âme durant les premiers mois de la grossesse. Après l'acquisition de son âme, le foetus est considéré comme un être humain à part entière. L'avortement du foetus devient alors un crime contre un autre être humain.

Par exemple, lorsque quelqu'un causa l'avortement d'une femme par accident, le prophète Muhammad (paix soit sur lui) ordonna que la victime soit compensée (prix du sang) pour sa perte. Même si le foetus est avorté pendant les premiers instants de la grossesse, cela demeure un crime qui ne doit pas être pris à la légère. L'avortement ne doit en aucun cas être considéré comme un moyen de contraception. Il existe plusieurs moyens pour un couple d'éviter la grossesse.

Une grossesse non-désirée est une situation pénible pour une femme ou un couple, mais l'avortement n'est pas licite en Islam. Le seul cas où l'avortement devient acceptable est si la vie de la mère est en danger. Certains considèreront aussi les cas de viols et d'incestes comme faisant partie des exceptions.

Conclusion : L'avortement est un sujet délicat qui a suscité de nombreux débats. Toutefois Dieu est clair et nous dit de respecter la vie qu'Il a créée. Le respect de la vie est la source de toutes les autres valeurs : générosité, entraide, justice, compassion etc. 

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#3 19-02-2007 14:01:48

Tk`One.xp
Méchant Admin .
Lieu: Day Tay Aif !
Date d'inscription: 02-02-2006
Messages: 13151
Site web

Re: Avortement Sauvage en Algérie

Contre l'avortement.


•̪̀● Config : Intel Core 2 Quad Q6600 / Ventirad : Asus  Silent Square Pro / 4 Go ddr2 G.Skill Kit Extreme PC6400 PK / Asus-P5K Deluxe / Asus 8800 Gt / Samsung Syncmaster 226BW / 160Go + 500 Go Sata + 80 Go IDE / Antec NeoHE 500EC (NeoPower) / SteelPad Heavy / Logitech MX510 / Steelseries Siberia Headband •̪̀●

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#4 19-02-2007 15:09:54

Samy
Membre
Lieu: Alger
Date d'inscription: 08-02-2006
Messages: 522

Re: Avortement Sauvage en Algérie

A un certain moment, faut assumer ses erreurs, lorsqu'on couche avec une femme illicitement, on peut toujours dire qu'on regrette et que la tentation était trop forte... Mais avorter, c'est une décision murement réfléchi... "Ezzina" est une erreur grave, mais supprimer la vie, c'est encore plus grave... Si vous connaissez des filles dans cette situation, il faut les dissuader d'en arriver là ! Qu'elle retourne avec regrets à Dieu, Il leur trouvera une meilleur issus, in châa Allah...

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#5 19-02-2007 22:04:22

Aino Minako
Membre
Lieu: BX
Date d'inscription: 22-10-2006
Messages: 1097

Re: Avortement Sauvage en Algérie

Samy a écrit:

Si vous connaissez des filles dans cette situation, il faut les dissuader d'en arriver là ! Qu'elle retourne avec regrets à Dieu, Il leur trouvera une meilleur issus, in châa Allah...

C'est une chose très facile à dire Samy, malheureusement (ou heureusement) tu ne pourras jamais vivre ce qu'elles vivent. Ok, elles ont peut être fait une erreur mais elle n'est pas facile à réparer. Elles peuvent se retourner vers Dieu et se repentir, mais se retourner vers leurs parents et avouer la vérité même en étant sincères, c'est très très dur !
J'estime que quand on fait une bêtise on mérite le demi pardon. Et dans la société algérienne, je pense qu'on est pas encore prêt pour ça. Alors apprenons a pardonner.

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#6 20-02-2007 10:41:55

Samy
Membre
Lieu: Alger
Date d'inscription: 08-02-2006
Messages: 522

Re: Avortement Sauvage en Algérie

En ce qui concerne le pardon, je pars d'un principe simple, si une personne fait une erreur (c'est le principe même d'être un humain) et que Dieu lui pardonne, après une repentance sincère, je n'ai aucun droit de ne pas pardonner, je n'oserai jamais me montrer plus orgueilleux que Dieu. Je peux facilement pardonner l'erreur, mais jamais le meurtre… La première erreur n'engage que soi-même mais l'avortement c'est toucher à une vie sur laquelle on n'a aucun droit !

Avouer à ses parents n'est jamais simple, mais on peut prier Dieu pour qu'il facilite la tâche et puis pourquoi ça devrait être facile ? Il faut assumer et surtout payer pour ces erreurs et la difficulté d'avouer cela, fait partie de la repentance… Si un jour tu as un enfant, et que la maîtresse d'école te dise qu'il a prit un cahier dans le cartable d'un camarade, on peut considérer que c'est pas très grave mais tu seras tout de même extrêmes déçue, tu te poseras plein de questions, ai-je mal éduqué mon enfant ? Alors imagine la déception d'une mère qui depuis le plus jeune age, répète à sa fille, "ta virginité ne l'offre qu'à ton mari" et au bout du compte, tu apprends qu'elle est enceinte… C'est facile de se placer du point de vue de la fille, mais essaye de te mettre à la place de la maman et du papa.

Alors quelle est la solution ? Ce que je propose, c'est des associations à but religieux qui aident d'abord ces filles à se repentir, puis qu'ils soient une sorte de relais entre la famille et la fille. Une association qui aide ces filles là à s'en sortir, à retrouver une vie sociale honorable, je sais que ça reste assez utopique mais c'est possible, les solutions proposées doivent correspondre à une morale musulmane. Le but serait de réconcilier ces filles avec leurs familles en particulier et la société en général.

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#7 20-02-2007 11:48:44

Aino Minako
Membre
Lieu: BX
Date d'inscription: 22-10-2006
Messages: 1097

Re: Avortement Sauvage en Algérie

Samy a écrit:

Le but serait de réconcilier ces filles avec leurs familles en particulier et la société en général.

Bon Courage !

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